
Historique
L'ancien Hôtel de Ville de Pointe-à-Pitre est construit à la fin du XIXème siècle par le même architecte que le Musée Schoelcher qui lui est contigu. Cet édifice est inauguré le 5 avril 1885.(voir photo)
C'est un édifice typiquement antillais construit sur deux niveaux :
un rez-de-chaussée en briques enduites, bâti sur vide sanitaire et un
étage en bois. Tout l'aménagement intérieur est en bois. Un système
de claires-voies au-dessus des cloisons en bois permet la ventilation
des différentes pièces. De nombreuses portes-fenêtres sont fermées dans
leur partie basse par des garde-corps en fer forgé. Les sols sont en
parquet, doublé à l'étage, à l'exception du hall d'entrée réalisé en
pierres octogonales à cabochons noirs. De ce hall part un escalier à
trois volées donnant l'accès au premier étage. Un petit escalier droit
permet l'accès aux combles éclairés et ventilés par six lucarnes. Une
frise en zinc cache la gouttière sur toutes les façades. Un balcon en
fer forgé orne la façade sur rue.
Cet immeuble a le caractère pittoresque des immeubles de Pointe-à-Pitre.
Il a en outre été le témoin de la vie politique et administrative de
la Guadeloupe. Lors de sa séance du 5 décembre 1983, le conseil municipal
de la ville de Pointe-à-Pitre demandait le classement de l'ancien Hôtel
de Ville situé dans la zone à caractère pittoresque. Un courrier datant
du 5 janvier 1984 et ayant pour objet la demande de classement parmi
les Monuments Historiques de l'ancienne mairie, rue Achille René- Boisneuf,
est envoyé au Ministère par la municipalité de Pointe-à-Pitre.
En avril 1984, Monsieur Poncelet, Architecte en Chef des Monuments
Historiques, donne un avis favorable au classement de l'ancienne mairie.
Un courrier du Ministre de la Culture notifie le 24 janvier 1986, à
la préfecture de Guadeloupe, la décision d'ouverture d'instance de classement
par les Monuments Historiques de l'ancien hôtel de ville de Pointe-à-Pitre.
Faisant suite aux réunions de la Commission Régionale du Patrimoine
Historique, Archéologique et Ethnologique et de la Commission Supérieure
des Monuments Historiques, l'ancien Hôtel de Ville de Pointe-à-Pitre
est classé par arrêté du 21 janvier 1987.
La municipalité de Pointe-à-Pitre a décidé la restauration de l'ancienne
mairie dès 1988. Cette opération a été répartie sur dix années de chantier,
de 1988 à 1998, pour un budget global de près de 22 MF. Le plan de financement
des différentes tranches était généralement de 50 % à 60 % pour l'Etat
et de 50 % à 40 % pour la Commune. La maîtrise d'œuvre était assurée
par Monsieur Etienne Poncelet, Architecte en Chef des Monuments Historiques,
assisté de Monsieur Jean-Michel Guibert, architecte des Bâtiments de
France.
Plusieurs entreprises, métropolitaines et locales, ont réalisé les différents
travaux, à savoir :
- entreprises " Quelin " et " Léon " : maçonnerie
- taille de pierre
- entreprise " Perrault " : charpente - menuiserie
- entreprises " Les toitures d'Anjou " et " Antilles
Patrimoine Historique " : couverture
- entreprise " Protection de l'Habitat " : traitement anti-termites
Les travaux ont concerné la restauration à l'identique de l'ensemble
du bâtiment.
Le chantier a fait appel aux technologies traditionnelles (par exemple,
l'usage des enduits colorés de chaux aérienne) mais aussi à l'innovation
expérimentale, car les murs ayant été hourdés au sable de mer étaient
en état pulvérulents. Ils ont dû être dessalés par l'électro-lessivage,
et isolés des remontées permanentes d'eaux saumâtres par une barrière
injectée en résine de polysiloxane.
La grille latérale d'entrée de gauche a été restaurée ; celle de droite
a été refaite à l'identique.
La structure en bois a dû être entièrement dessinée dans tous ses détails
et refaite en bois dur de moabi en remplacement du bois de Nord. Seules
les sections des poutres de plancher ont été augmentées pour assurer
la portance de 700 kg/m2 exigée par la nouvelle fonction de médiathèque
et d'accueil du public.
Les pierres de corniche ont été réparées et relancées avec des pierres
coralliennes de carrières de la Grande Terre.
La couverture a été refaite en acier inox non ferritique. Le chéneau
a été restitué avec sa façade décorative en zinc.
Un escalier d'accès aux combles a été créé.
Les balcons anciens encore en place ont été restaurés et complétés par
des ouvrages neufs en fer forgé et en fonte.
Un traitement anti-termites de l'ensemble des murs et des bois a été
réalisé.
Les peintures extérieure et intérieure ont été faites en utilisant des
produits adaptés.
Les trottoirs et fils d'eau extérieurs ont été refaits en carrelage
de terre cuite.
La réception finale des travaux de restauration de l'ancienne mairie
a eu lieu le 25 mai 1998.
Jean Michel Guibert, Architecte des Bâtiments de France
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